J'aurai écrit tout ce que j'avais a écrire. J'ai fait le tour du passé comme on fait le tour de la maison avant de partir en voyage pour etre sur qu'on a rien oublié. Il faut croire que dans mes allés-retours, souvent coup de tête, des fois tête première, j'oubliais toujours quelque chose. Il a fallu des tas de larmes, des tas de ratures pour en arriver jusqu'ici. J'aurai gravé à ma peau tout ce que l'amour m'a refusé et à défaut d'oublier, j'ai voulu le conserver : Pour ne plus y retourner. Je commence un nouveau commencement. Au milieu de cette prairie déserte, je refais le monde, encore une fois, à ma façon. Parce que ces petits moments d'isolement me permettent de ne pas cesser d'oublier qu'un jour, la vie sera plus belle. Ma plume s'envole. Je pense à toutes ces choses que je n'ai pas dites, mais aussi à ces paroles échangées. Et je compose. Je dactilo mes mots, des notes dans les oreilles et je pense. C'est le temps de l'insouciance, le temps au présent. Le temps de boire un thé très chaud, aux aromes sucrées. Autour, il y a des étagères qui s'alignent aux murs, prolongements d'espoir. Dessus s'alignent des ouvrages, des rêves classés par ordre alphabétique, des poètes, des gens de lettre. Il y a des histoires déposées sur l'étagère. Une lampe accrochée sur un fil. Des mots en mouvement sur une ligne. Il y a des phrases qui me restent et d'autres dont je ne me souvient plus. Il y a dans cette pièce une lumière qui joue sur mes mots. Dans ma plume, une envie perpétuelle d'écrire. Ne pas attendre le jour où il sera trop tard. Alors j'entre dans ma bulle.